Éthique - Philosophie - Esthétique

17250046 - Histoire et philosophie des sciences formelles

Crédits ECTS 3
Volume horaire total 24
Volume horaire CM 24

Responsables

Contenu

Master 2 - Semestre 3 - Année universitaire 2020-2021
(au choix Lyon 3 / ENS de Lyon)
Cours ouvert aux étudiants du parcours LHPST, à ceux du parcours Philosophie contemporaine et aux étudiants de M1 mention Histoire de la philosophie

À Lyon 3 :

Enseignant :
Jean-Baptiste JOINET

Thème du cours : Le pluralisme logique

Présentation du cours :
Longtemps considérée au long de l'histoire de la philosophie comme essentiellement une, la logique a commencé à l’articulation du XIXe et du XXe siècle a être déclinée au pluriel. Au fil du XXe siècle, ce pluriel est même devenu foison, comme l'attestent la profusion et la diversité des adjectifs venant aujourd'hui qualifier le substantif logique (logique classique, intuitionniste, modale, temporelle, déontique, épistémique, multi-valuée, paraconsistante, non-monotone, pertinente, floue, linéaire, non commutative, quantique, etc). Qui plus est, dans les faits, telle ou telle de ces épithètes accolées au mot logique vient souvent désigner non pas une logique, mais un genre de logiques, et recouvre donc en fait une multitude de systèmes formels eux-mêmes déclinés multiplement en fonction du degré de raffinement ou de la richesse de leur langage.

Un premier moment du cours sera consacré à présenter et questionner l’idée d’unicité en logique (la logique ou une logique ?). Il s’agira tout d’abord de se confronter aux arguments relativistes qui fragilisent l’idée d’unicité en logique (À chaque langue sa logique ? À chaque individu sa logique ? À chaque champ disciplinaire sa logique ?). Nous tâcherons ensuite de délimiter le champ en réalité lui-même historiquement mouvant du classicisme ou de l’orthodoxie en logique: aujourd’hui, les mots “Logique classique” viennent en effet souvent qualifier aussi bien la logique aristotélicienne que la logique des prédicats, deux corpus à bien des égards incomparables, entre lesquels une continuité relative est pourtant ainsi implicitement imputée.

Un second moment du cours sera consacré à décrire et analyser la pluralité de fait des approches logiques contemporaines et à présenter les grandes étapes de leur émergence au long du XXe siècle. Parce que les sources du pluralisme en logique sont loin d’être homogènes (et sont parfois même incomparables), nous seront amenés à distinguer et typologiser les aspects particuliers relativement auxquels ces approches de la logique divergent. A un premier niveau, élémentaire, il s’agira seulement de distinguer des “types de pluriels” dans la pléthore actuelle. Un premier type de pluriel résulte simplement de la potentielle variété du lexique composant les discours argumentatifs (connecteurs, quantificateurs, modalités; premier ordre, ordre supérieur…). Un deuxième type de pluriel provient de la variété des formats de représentation du raisonnement (variété résultant parfois elle-même de la variété des approches de l’idée d’argumentation : discursive ou picturale ? ; structurelle ou processuelle ?). Un troisième type de pluriel est occasionné par la possibilité d’ajouter ou de soustraire telle forme particulière d’argumentation (par exemple telle “règle logique”), que ce soit au nom simplement d’une critique des “lois” logiques qu’elle permet de valider ou au nom d’une conception plus profonde de la nature du raisonnement.

Dans un troisième moment, nous tenterons une approche critique du pléthorisme logique contemporain (et non de l’idée de pluralisme logique) : décomposée par le kaléidoscope des innombrables épithètes qui viennent qualifier les non moins innombrables systèmes formels, la logique, en pleine déréliction, n'aurait-t-elle pas en réalité purement et simplement perdu de vue sa question ? Toute séduisante que soit la tonalité libertaire afférente à l'idée de pluralisme logique et de logique hétérodoxe, en tant qu’elles viennent s’opposer à la vision monolithique, dogmatique et en somme absolutiste de la logique (la logique peu ou prou conçue comme “police de la pensée correcte”) qui dans la première moitié du XXe siècle animait parfois le positivisme logique, le pléthorisme logique contemporain invite en effet à tenter de redonner un sens plus étroit au mot logique, ce qui nécessite de reprendre, depuis la racine, la question d’une justification non dogmatique de la logique, autrement dit d’une explication de la logique. Outre les approches classiques de ces questions dans l’histoire de la philosophie, le cours abordera les réponses apportées (à partir des années 1970) par la Théorie de la démonstration à la question d’une explication de la logique, dans son dialogue avec l’Informatique fondamentale (Computing theory) dans le prolongement du courant constructiviste en philosophie de la logique (L. Brouwer, A. Kolmogorov, A. Heyting, M. Dummett, D. Prawitz, W. Tait, P. Martin-Löf). Seront ainsi discutées d’une part la valeur critique du constructivisme logique au sens large (incluant sa version computationaliste contemporaine) face au pléthorisme logique (critiques basées sur l’idée de fondements physiques et computationnels de la logique), d’autre par sa capacité à justifier non dogmatiquement un pluralisme restreint.

À l'ENS de Lyon :

Enseignant : Alice DUPAS

Thème du cours : Cours d’introduction à la philosophie de la cognition

Bibliographie

Bibliographie du cours de M. Joinet :

Une bibliographie sera communiquée au début du semestre.
Bibliographie pour la période estivale : Jean Largeault, Intuitionisme et théorie de la démonstration, collection Mathesis, Vrin, 1992, Paris
 

Contrôles des connaissances

Contrôle continu cours M. Joinet : travail oral (exposé en séance) et/ou oral terminal.