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08220005 - Textes philosophiques en langue étrangère - Grec
| Niveau de diplôme | |
|---|---|
| Crédits ECTS | 1 |
| Volume horaire total | 15 |
| Volume horaire TD | 15 |
Responsables
Contenu
Licence 3 - Semestre 5 - MAJEURE Philosophie - UE Transversale - Année universitaire 2026-27
Enseignant : Christian GIRARD
Titre du cours : Plotin, Traité 9 ( VI, 9), Περὶ τἀγαθοῦ ἢ τοῦ ἑνός (Sur le Bien ou l’Un)
Programme du cours :
Porphyre qui a été le disciple de Plotin à Rome de 263 à 268, puis son principal éditeur, a placé le Traité 9 – Sur le Bien ou l’Un − à la toute fin des Ennéades, sans doute parce qu’il estimait que ce texte constituait un parfait récapitulatif autant que l’acmé de toute l’œuvre du Maître. Les Ennéades, en effet, regroupent l’ensemble de la production de Plotin en six parties contenant chacune neuf traités selon un classement thématique et une progression anagogique tels qu’en a décidé Porphyre : le corpus complet est organisé de sorte que le lecteur parcoure la totalité de l’architectonie cosmique en remontant progressivement du monde sensible, vers l’âme, puis l’Intellect, jusqu’à l’Un.
Si Porphyre a placé ce traité au faîte de l’œuvre de Plotin, c’est parce qu’ il décrit précisément comment s’unir à l’Un et les effets bénéfiques de cette union qui constitue désormais l’objectif ultime de l’activité philosophique. Pourtant ce traité qui occupe la neuvième place dans le massif complet des cinquante-quatre traités, loin de constituer le mot ultime du Maître, est justement, de toute l’œuvre, le premier traité où Plotin affirme explicitement que l’Un est le principe originaire et où il tente de le définir. Cette entreprise, que Plotin qualifie d’hardie, n’est pas sans poser quelques difficultés logiques, car le philosophe soutient simultanément que l’Un est à l’origine de toutes les réalités et qu’il se situe lui-même au-delà de toute réalité.
Ce traité constitue en quelque sorte le moment fondateur de ce que les historiens modernes ont appelé le néoplatonisme. Le monde n’est plus défini, à la manière de Platon dans le Timée, comme l’œuvre d’un démiurge imitant les formes intelligibles. Il n’est plus le produit d’un démiurge pensant les formes intelligibles comme dans le médioplatonisme. Il est désormais une émanation de l’Un, conçu comme une hyper-puissance simple, infinie, inépuisable et ineffable, absolument transcendante à l’Intellect, à l’âme et au monde sensible, mais en même temps sise, comme sa racine ontologique, au plus intime de chaque réalité.
Plotin se fixe dans ce traité un double objectif : démontrer qu’il faut postuler l’existence d’un principe antérieur à l’Intellect et à l’âme ; décrire comment éprouver l’omniprésence de ce principe. Or cette entreprise d’élucidation de la nature de l’Un fait vaciller le logocentrisme grec. En effet, dès qu’ils essaient de définir l’Un, l’Intellect et la raison sont renvoyés à leurs propres limites, car l’Un se situant au-delà de l’être n’est assignable à aucune détermination ou prédicat. De surcroît, il est impossible d’accéder à l’Un par la connaissance. Il ne peut être défini que rétrospectivement de manière apophatique après que l’âme est détachée de lui.
Autrement dit, si Plotin, en postulant l’existence de l’Un au-dessus de l’Intellect, ne remet pas en cause l’identité du penser et de l’être inaugurée par Parménide − et ratifiée par Platon, Aristote et les stoïciens −, il ne considère plus l’exercice de la pensée rationnelle comme la plus fondatrice des activités humaines. Elle devient surtout un processus de purification, une propédeutique permettant l’unification, la simplification et la nescience de l’âme nécessaires à la coalescence avec l’Un. Paradoxalement, ce statut nouveau accordé à la pensée ne la dévalorise pas. En effet, si penser ne suffit pas pour s’exhausser au-delà de l’être, penser ne se réduit pas non plus à se disposer en simple réceptacle de la rationalité. Penser, pour paraphraser Mallarmé, « doue d’authenticité notre séjour » : la pratique de la philosophie devient une ascèse pour se façonner soi-même, un moyen « de sculpter sa propre statue ».
Définir, non pas exclusivement mais prioritairement, la pensée comme un processus de densification de soi et d’appréhension intime de la consistance du réel − c’est-à-dire lui octroyer le pouvoir que les poètes modernes ont conféré au langage poétique − n’est peut-être pas une idée saugrenue à un moment où on prophétise que l’IA pourrait rendre l’intelligence humaine obsolète ou superflue.
Le TD sera l’occasion d’aborder les questions suivantes :
Le cours consistera en une lecture suivie du Traité 9. Les textes grecs et leur vocabulaire seront distribués lors du premier cours. Chaque semaine sera traduit et commenté un extrait d’une vingtaine de lignes. À partir du deuxième cours, les étudiants auront un contrôle sur le vocabulaire du texte étudié lors du cours précédent (entre 10 et 20 mots). En fin de semestre, ils devront être capables de retraduire seuls l’intégralité des textes étudiés.
L’évaluation finale consistera en l’analyse, guidée par des questions, d’un passage du Traité 9 en version originale, accompagné de sa traduction. Les étudiants, devront proposer un commentaire philosophique du texte, en mobilisant connaissances acquises pendant le cours et réflexion personnelle.
Le texte grec sera distribué au début du cours. L’acquisition de l’édition GF est recommandée. En effet, elle est particulièrement remarquable pour la clarté de ses traductions et la richesse de ses notes.
Plotin, Traités 7-21, traductions collectives (du texte de Henry-Schwyser) sous la dir. de L. Brisson et J. F. Pradeau, Paris, Flammarion, GF, 2003.
Enseignant : Christian GIRARD
Titre du cours : Plotin, Traité 9 ( VI, 9), Περὶ τἀγαθοῦ ἢ τοῦ ἑνός (Sur le Bien ou l’Un)
Programme du cours :
Porphyre qui a été le disciple de Plotin à Rome de 263 à 268, puis son principal éditeur, a placé le Traité 9 – Sur le Bien ou l’Un − à la toute fin des Ennéades, sans doute parce qu’il estimait que ce texte constituait un parfait récapitulatif autant que l’acmé de toute l’œuvre du Maître. Les Ennéades, en effet, regroupent l’ensemble de la production de Plotin en six parties contenant chacune neuf traités selon un classement thématique et une progression anagogique tels qu’en a décidé Porphyre : le corpus complet est organisé de sorte que le lecteur parcoure la totalité de l’architectonie cosmique en remontant progressivement du monde sensible, vers l’âme, puis l’Intellect, jusqu’à l’Un.
Si Porphyre a placé ce traité au faîte de l’œuvre de Plotin, c’est parce qu’ il décrit précisément comment s’unir à l’Un et les effets bénéfiques de cette union qui constitue désormais l’objectif ultime de l’activité philosophique. Pourtant ce traité qui occupe la neuvième place dans le massif complet des cinquante-quatre traités, loin de constituer le mot ultime du Maître, est justement, de toute l’œuvre, le premier traité où Plotin affirme explicitement que l’Un est le principe originaire et où il tente de le définir. Cette entreprise, que Plotin qualifie d’hardie, n’est pas sans poser quelques difficultés logiques, car le philosophe soutient simultanément que l’Un est à l’origine de toutes les réalités et qu’il se situe lui-même au-delà de toute réalité.
Ce traité constitue en quelque sorte le moment fondateur de ce que les historiens modernes ont appelé le néoplatonisme. Le monde n’est plus défini, à la manière de Platon dans le Timée, comme l’œuvre d’un démiurge imitant les formes intelligibles. Il n’est plus le produit d’un démiurge pensant les formes intelligibles comme dans le médioplatonisme. Il est désormais une émanation de l’Un, conçu comme une hyper-puissance simple, infinie, inépuisable et ineffable, absolument transcendante à l’Intellect, à l’âme et au monde sensible, mais en même temps sise, comme sa racine ontologique, au plus intime de chaque réalité.
Plotin se fixe dans ce traité un double objectif : démontrer qu’il faut postuler l’existence d’un principe antérieur à l’Intellect et à l’âme ; décrire comment éprouver l’omniprésence de ce principe. Or cette entreprise d’élucidation de la nature de l’Un fait vaciller le logocentrisme grec. En effet, dès qu’ils essaient de définir l’Un, l’Intellect et la raison sont renvoyés à leurs propres limites, car l’Un se situant au-delà de l’être n’est assignable à aucune détermination ou prédicat. De surcroît, il est impossible d’accéder à l’Un par la connaissance. Il ne peut être défini que rétrospectivement de manière apophatique après que l’âme est détachée de lui.
Autrement dit, si Plotin, en postulant l’existence de l’Un au-dessus de l’Intellect, ne remet pas en cause l’identité du penser et de l’être inaugurée par Parménide − et ratifiée par Platon, Aristote et les stoïciens −, il ne considère plus l’exercice de la pensée rationnelle comme la plus fondatrice des activités humaines. Elle devient surtout un processus de purification, une propédeutique permettant l’unification, la simplification et la nescience de l’âme nécessaires à la coalescence avec l’Un. Paradoxalement, ce statut nouveau accordé à la pensée ne la dévalorise pas. En effet, si penser ne suffit pas pour s’exhausser au-delà de l’être, penser ne se réduit pas non plus à se disposer en simple réceptacle de la rationalité. Penser, pour paraphraser Mallarmé, « doue d’authenticité notre séjour » : la pratique de la philosophie devient une ascèse pour se façonner soi-même, un moyen « de sculpter sa propre statue ».
Définir, non pas exclusivement mais prioritairement, la pensée comme un processus de densification de soi et d’appréhension intime de la consistance du réel − c’est-à-dire lui octroyer le pouvoir que les poètes modernes ont conféré au langage poétique − n’est peut-être pas une idée saugrenue à un moment où on prophétise que l’IA pourrait rendre l’intelligence humaine obsolète ou superflue.
Le TD sera l’occasion d’aborder les questions suivantes :
- Comment Plotin refonde-t-il le platonisme ?
- Quelle est la structure du monde selon Plotin ?
- Quelle éthique Plotin adosse-t-il à son anthropologie ?
- La « théologie négative ».
- Le processus d’assimilation de l’âme à l’Un.
Le cours consistera en une lecture suivie du Traité 9. Les textes grecs et leur vocabulaire seront distribués lors du premier cours. Chaque semaine sera traduit et commenté un extrait d’une vingtaine de lignes. À partir du deuxième cours, les étudiants auront un contrôle sur le vocabulaire du texte étudié lors du cours précédent (entre 10 et 20 mots). En fin de semestre, ils devront être capables de retraduire seuls l’intégralité des textes étudiés.
L’évaluation finale consistera en l’analyse, guidée par des questions, d’un passage du Traité 9 en version originale, accompagné de sa traduction. Les étudiants, devront proposer un commentaire philosophique du texte, en mobilisant connaissances acquises pendant le cours et réflexion personnelle.
Le texte grec sera distribué au début du cours. L’acquisition de l’édition GF est recommandée. En effet, elle est particulièrement remarquable pour la clarté de ses traductions et la richesse de ses notes.
Plotin, Traités 7-21, traductions collectives (du texte de Henry-Schwyser) sous la dir. de L. Brisson et J. F. Pradeau, Paris, Flammarion, GF, 2003.
Bibliographie
Pour une vision d’ensemble de la pensée de Plotin (lire au choix un de ces quatre ouvrages):
Bibliographie complémentaire :
- BRÉHIER, E., La Philosophie de Plotin, Paris, Vrin, rééd. 1982.
- HADOT, P., Plotin ou la simplicité du regard, Gallimard, Folio Essais, 1997.
- O’MEARA, D. J., Plotin. Une introduction aux Ennéades, traduction française par A. Callet-Mollin, Fribourg-Paris, Editions universitaires de Fribourg-Cerf, 1992.
- PRADEAU, J.-F, Plotin, Editions du Cerf, 2019.
Bibliographie complémentaire :
- GIRARD. C. « L’unité de l’âme, au péril de l’homme ? », Études platoniciennes, Le retour de l’âme, 17, 2022, http://journals.openedition.org/etudesplatoniciennes/2401
- HADOT. P. , Plotin. Traité 9, (VI, 9), introduction, traduction française, commentaire et notes par P. Hadot, Paris, Cerf, 1994.
- MAZUR. A. J., The Platonizing Sethian Background of Plotinus’s Mysticism, Brill, Leiden/ Boston (coll. Nag Hammadi and Manichaean Studies 98), 2021.
Contrôles des connaissances
Terminal écrit (TE) 2h.
Formations dont fait partie ce cours
Renseignements pratiques
Faculté de Philosophie
Adresse postale :
1C avenue des Frères Lumière
CS 78242
69372 Lyon Cedex 08
Sur Internet
Adresse postale :
1C avenue des Frères Lumière
CS 78242
69372 Lyon Cedex 08
Sur Internet
Mise à jour : 3 septembre 2026
