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Psychogéographies, poétiques de l’exploration urbaine : sources, figures, actualité

Publié le 16 avril 2013 Mis à jour le 13 février 2015

Colloque organisé par l'Université Jean Moulin - Lyon 3, les Instituts de recherche IRPhiL (Institut de recherches philosophiques de Lyon) et IETT (Institut d’études transtextuelles et transculturelles).

Présentation

Colloque Psychogéographies (6 et 7 juin 2013)Le terme de "psychogéographie" est né sous la plume de Guy Debord. Il s’agit pour lui d’instituer une expérience de la ville qui aboutisse à une ‘science’ (Debord voulait des "lois exactes" et des "faits précis") des états psychiques et du "comportement affectif" lié à telle ou telle portion de ville. La ville et ses lieux suscitent des atmosphères à la fois mentales et concrètes ainsi que des comportements, faisant fi des traditionnelles distinctions philosophiques entre le sujet et le monde. L’expérience appropriée à une telle science est une technique de "dérive", une traversée de la ville dans le but d’en inventorier et d’en cartographier les ambiances, constituant ainsi une connaissance qui en retour alimentera la construction urbaine.
La radicalité debordienne a cependant soumis le projet à de tels impératifs qu’il ne fut guère poursuivi ou bien dans une mesure que nous pouvons difficilement établir et caractériser, faute d’un corpus significatif pour en témoigner.

Il semblerait que la fin du XXème siècle et le début du XXIème soit enfin une période psychogéographique dans les arts et la littérature. Merlin Coverley dans son ouvrage Psychogéographie ! Poétique de l’exploration urbaine, montre en effet que la psychogéographie debordienne est à la fois héritière d’une tradition littéraire (Poe, Baudelaire, Benjamin mais aussi Machen, Defoe et De Quincey) et intitiatrice d’une postérité dont Iain Sinclair avec Lights Out for the Territory ou London Orbital et Peter Ackroyd avec London, The Biography sont sans doute parmi les plus éminents représentants pour ce qui est du fait littéraire, Outre-Manche en tout cas.

Dans ce contexte plutôt porteur, notre projet est d’inciter à une réflexion esthétique et philosophique sur ce que nous apprend l’expérience de la dérive dans la ville d’aujourd’hui et comment celle-ci se trouve représentée et imaginée dans les productions culturelles : écritures, photographie, cinéma, cartes,… d’Europe, d’Asie ou d’ailleurs, d’inspiration psychogéographique. Quelle radicalité est réellement celle des psychogéographes actuels : la réappropriation du projet de Guy Debord ne se fait-elle pas au prix d’une récupération, touristique entre autres ? Quelle ville nous font-ils ressentir et imaginer ? Entre autobiographie, documentaire et falsification militante, comment caractériser le rapport à la réalité des œuvres psychogéographiques contemporaines ? Quelles sont les implications de la tonalité autobiographique, de la personnification de l’objet-ville, ou, pour changer d’angle, du devenir-conscient du sujet-ville ? Comment la phénoménologie, la géographie, l’urbanisme, la psychanalyse peuvent-ils s’exercer sur - et s’alimenter de - ces entreprises artistiques, les reprendre à leur compte comme éléments de réflexion, expériences ou preuves ?

Ce sont là quelques pistes ouvertes à l’exploration mais toute perspective complémentaire sera examinée avec attention.

Comité scientifique :

Jean-Jacques Wunenburger (Pr, IRPhiL)
Gregory Lee (Pr, IETT)
Florent Villard (MCF, IETT)
Nathalie Caritoux (doct., IRPhiL), coordonnatrice.


Pour consulter le programme, se reporter au fichier disponible en téléchargement

Contact IRPhiL :

Nazaré Marques
IRPhiL EA 4187 - Institut de Recherches Philosophiques de Lyon
18 rue Chevreul - 69007 Lyon
Tél. : 04 78 78 73 94 - Fax : 04 78 78 72 27
nazare.marques@univ-lyon3.fr
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Nathalie Caritoux :
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