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L'Etranger : entre refus et consentement

Publié le 24 septembre 2012 Mis à jour le 19 mars 2013

Conférence de Jean-François MATTÉI organisée par la Société Rhodanienne de Philosophie.

Albert Camus (© D.R.)"L'Etranger : entre refus et consentement" : Conférence publique organisée par la Société Rhodanienne de Philosophie, à l'occasion du centenaire de la naissance d'Albert Camus.

Intervention de Jean-François MATTÉI (Professeur émérite à l'Université de Nice), mercredi 30 janvier 2013 de 18h30 à 20h.

Albert Camus a toujours été fidèle à la mesure grecque dont il trace un portrait inoubliable dans « L’Exil d’Hélène ». Certes, les Grecs ont touché au désespoir, mais à travers la beauté, en découvrant dans l’existence une fêlure impossible à combler. Aussi le seul recours est dans l’acceptation de ce tragique qui fait la part de tout, « équilibrant l’ombre par la lumière ». Les Grecs ne nous ont pas légué en effet des leçons de ténèbres, comme chez Couperin, ni des leçons de lumières, comme chez Diderot, mais des leçons de clair-obscur, quand le jour bascule dans la nuit ou quand la nuit bascule dans le jour. C’est ce balancement entre le oui et le non, entre l’envers et l’endroit, entre l’exil et le royaume, et finalement, entre le refus et le consentement, qui fait l’originalité d’une pensée dont le souci premier est l’équilibre.

Une sentence de L’Homme révolté témoigne de cette recherche d’une source qui permettrait à l’histoire d’inaugurer, après le temps des commentaires, ce que Camus appelle « le temps des créateurs » :
« L’art et la société, la création et la révolution doivent, pour cela, retrouver la source de la révolte où refus et consentement, singularité et universel, individu et histoire, s’équilibrent dans la tension la plus dure ».


Accès libre et gratuit.