Éthique - Philosophie - Esthétique

17280039 - Introduction à la philosophie grecque

Crédits ECTS 2
Volume horaire total 10
Volume horaire CM 10

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Contenu

Licence 1 - Semestre 1 - UE 2 Langues et textes - Année universitaire 2021-22

Enseignant : Christian GIRARD

Thème du cours : Raisons de la vertu et vertus de la raison chez Platon et Aristote

Présentation du cours :
Pour échapper au double écueil du naturalisme et du relativisme induit par l’opposition phusis/nomos thématisée par les sophistes, Platon et Aristote proposent une éthique fondée sur le présupposé que la vie bonne correspond à la promotion de l’excellence rationnelle dont une âme humaine est capable. La finalité de l’existence, ainsi que le moyen pour satisfaire cette finalité, coïncident avec la pratique des vertus : en réglant son activité selon une juste hiérarchie des facultés de l’âme, le sage accède au bonheur et manifeste la perfection de l’ordre politico-cosmique dont il participe.

Cependant, si les éthiques de Platon et d’Aristote convergent dans leur intention d’ordonner l’éthique à la rationalité, elles se spécialisent dans la circonscription des périmètres où la raison peut se déployer, dans les conceptions de la raison qui en résultent et dans la description des procédures psychologiques qui permettent de promouvoir la rationalité et de s’affranchir des affections. À ce titre, on ne saurait trop opposer le « dogmatisme » de Platon au « réalisme » d’Aristote, car si Platon fonde l’objectivité de l’éthique sur le postulat de l’existence d’un principe indémontrable, le Bien en soi, Aristote, fonde la possibilité d’accéder au bien suprême sur le présupposé de l’existence d’un désir droit qui garantit la fin juste et la possibilité de l’action vraie.

Le cours sera organisé autour de trois questions majeures :
  • Le nécessité de fonder une éthique objective pour sortir des apories sophistiques.
  • L’indexation de la doctrine des vertus à une définition de l’âme.
  • Convergences et divergences dans la définition de la rationalité éthique chez Platon et Aristote.

Les textes commentés seront disponibles sur Moodle.

Bibliographie

Corpus :

Pour une bonne compréhension du cours, la lecture de l’Apologie de Socrate, de République (IV) et d’Éthique à Nicomaque (II, III, VI) est vivement recommandée.

Platon :
  • Apologie de Socrate. Criton, traduction par L. Brisson, Paris, Flammarion, GF, 1997
  • Gorgias, traduction par M. Canto-Sperber, Paris, Flammarion, GF, 1987.
  • Ménon, traduction par M. Canto-Sperber, Paris, Flammarion, GF, 1991.
  • Phédon, traduction par M. Dixsaut, Paris, Flammarion, GF, 1991.
  • Phèdre, traduction par L. Brisson, Paris, Flammarion, GF, 1989.
  • Protagoras, traduction par F. Ildefonse, Paris, Flammarion, GF, 1997.
  • République, traduction par G. Leroux, Paris, Flammarion, GF, 2004.
  • Théétète, traduction par M. Narcy, Paris, Flammarion, GF, 1995.
  • Timée. Critias, traduction par L. Brisson, Paris, Flammarion, GF, 2001.

Aristote :
  • De l’âme, trad. R. Bodéüs, Paris, Flammarion, GF, 1993.
  • Éthique à Nicomaque, trad. R. Bodéüs, Paris, Flammarion, GF, 2004.

Littérature critique :
  • Balaudé, J. -F., Les théories de la justice dans l’Antiquité, Nathan Université, 128, 1996.
  • Kerferd, G. Br., Le mouvement sophistique, Vrin, 1999.
  • Merker, A., Une morale pour les mortels, Belles Lettres, 2011.
  • Murgier, C., Éthiques en dialogue. Aristote lecteur de Platon, Vrin, 2013.

Contrôles des connaissances

L’évaluation prendra la forme d’un contrôle de connaissance et de la rédaction d’une introduction correspondant aux exigences de l’exercice du commentaire philosophique.