La science en situation irrationnelle : l’erreur, l’illusion, la fraude

Publié le 8 octobre 2007 Mis à jour le 8 novembre 2007
Gaston Bachelard (© D.R.)
Gaston Bachelard (© D.R.)
Gaston Bachelard (© D.R.)Conférence/Débat - Société Rhodanienne de Philosophie Intervention de M. Jean-Claude BEAUNE (Professeur à l'Université Jean Moulin - Lyon 3).
Connaître, c'est analyser et vérifier. C'est user d'une méthode aussi claire que possible reposant sur des principes incontestables pour formuler un résultat formellement cohérent et résistant au plus grand nombre de critiques de tout ordre. On peut penser que l'idéal repose sur l'obtention de la vérité mais Bachelard a montré que la science active n'était qu'une « série d'erreurs rectifiées » et que son véritable ennemi n'était pas l'erreur mais l'irrationnel, ce qui n'est pas de l'ordre de la démonstration mais de l'opinion, de la croyance et du fantasme. La science doit donc préserver sa « neutralité » vis à vis de ces intrusions qui provoquent des conflits multiples et célèbres. Ce n'est pas de ceux-ci qu'il sera traité, directement au moins, mais des dérapages, des détournements de la raison que la science sécrète en elle-même et qui montrent que le savant, le chercheur peut favoriser dans sa méthode et son discours, le mensonge, l'imposture, la supercherie, la falsification, la folie - pas toujours volontairement d'ailleurs ni pour des motifs relevant de l'intérêt ou du fanatisme mais selon un « mécanisme » qui, pour l'esprit scientifique,  possède sa spécificité propre. Il s'agit donc d'interroger philosophiquement certain abus de cette « irrationalité du rationnel », comme le ferait un détective (public) ou un décrypteur d'indices et d'énigmes, à partir de quelques illustrations adaptées.